Centre Interculturel de Mons et du Borinage
Centre Interculturel de Mons et du Borinage
Centre régional pour l'intégration des personnes étrangères ou d’origine étrangère
Professionnels

19ème siècle et début 20ème siècle

XIXe siècle

Jusqu’au XIXe siècle, le territoire actuel de la Belgique connut des guerres et fut successivement occupé par divers pays avant d’accéder à l’indépendance en 1831.

La Belgique du XIXème siècle est plus un pays d’émigration que d’immigration. En effet, on peut constater qu’il y a davantage de Belges résidant à l’étranger (principalement en France) que d’étrangers résidant en Belgique. En 1890, la Belgique compte moins de 3% d’étrangers. Ceux-ci proviennent essentiellement des pays frontaliers (France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg).

Durant le XIXème siècle, les mouvements migratoires vont s’effectuer sur un mode lié à l’emploi: c’est l’immigration liée à la recherche du travail.

En effet, la révolution industrielle s’est développée dans toute l’Europe. L’invention de technologies nouvelles eut comme conséquence première un essor remarquable des grandes usines belges ayant besoin d’une main-d’œuvre nombreuse.

Ainsi, des travailleurs flamands quittèrent la Flandre pour trouver de l’emploi dans les entreprises situées en Wallonie, une des régions les plus marquées par la révolution industrielle en Europe.

Cette immigration « interne » fut favorisée par la constitution des frontières des États-nations, ce qui eut pour effet de ralentir le mouvement migratoire spontané des populations. En effet, à cette époque, les pays européens ont tendance à fermer leurs frontières aux ressortissants d’autres nations.

Début XXe siècle

Avant la Seconde Guerre mondiale

L’immigration ouvrière débute véritablement après la Première Guerre mondiale. Les patrons de l’industrie organisent le recrutement d’une main-d’œuvre étrangère destinée à travailler dans les charbonnages et la métallurgie.

Avant 1920, 90% des étrangers proviennent des pays limitrophes. Mais dès 1920, ce pourcentage chute à 46%. En effet, après la première guerre mondiale, les travailleurs belges et des pays limitrophes ne suffisent plus à remplir les besoins en main-d’œuvre des entreprises.

Des immigrants de provenance plus lointaine font leur apparition. On constate, après 1925, une arrivée importante de ressortissants des pays de l’Est et, entre 1922 et 1926, d’Italie. Pour la plupart, les nouveaux venus travaillent dans l’industrie, surtout dans les charbonnages, la métallurgie, le textile, la confection et le bâtiment.

Dans les années trente, le pays est frappé par la crise économique. La Belgique prend alors des mesures pour limiter l’afflux des travailleurs étrangers; c’est le début de la réglementation sur la main-d’œuvre étrangère. Ainsi, en 1936, un Arrêté Royal instaure l’obligation du permis de travail (pour le travailleur) et du permis d’occuper (pour l’employeur) afin de limiter l’arrivée de main- d’œuvre étrangère.

Il apparaît alors de plus en plus clairement qu’il existe une corrélation entre la conjoncture économique et les mouvements migratoires. Le mécanisme est simple : quand l’économie a besoin de main-d’œuvre, les autorités « distribuent » les permis de travail et les autorisations d’employer des étrangers. Par contre, si l’économie est en récession, les autorités limitent l’immigration.

 

Sources:

  • Histoire des étrangers et de l’immigration en Belgique, de la préhistoire à nos jours, Anne Morelli, 2004
  • Une brève histoire de l’immigration en Belgique, Marco Martiniello, Andrea Rea, 2012
  • Croix-Rouge de Belgique: www.croix-rouge.be